INTERVIEW WITH ANTHONY ROUQUETTE
Full Interview with current World & European Team Champion
Anthony Rouquette
We were lucky enough to catch Anthony before the season starts and get some insight in his preparations for the international competitions:
D’où viens-tu ?
Je viens du Sud Aveyron, dans le sud de la France. J’ai grandi en pleine campagne, au cœur de la nature, fils d’un père agriculteur et d’une mère monitrice d’équitation, j’ai été plongé très tôt dans cet univers, ce qui a forcément influencé mon parcours et ma relation avec les chevaux.
Que fais-tu dans la vie ?
Dans la vie, je suis géomètre salarié, un métier qui demande rigueur et précision au quotidien. À côté de ça, je suis sportif de haut niveau en Mounted Games, au sein de l’équipe Red Eagle et de l’équipe de France. Pour être le plus performant possible, j’accorde aussi une grande importance à ma préparation physique, avec du crossfit, du renforcement musculaire et un peu de course à pied.
Quand et comment as-tu découvert le Mounted-Games ?
J’ai découvert le Mounted Games très jeune, grâce à ma mère qui est monitrice d’équitation. C’est aussi grâce à Jacques Cavé que j’ai pu connaître cette discipline, puisqu’il nous l’a fait découvrir et a permis à ma mère de l’installer dans son club. J’ai tout de suite accroché, j’ai adoré l’aspect ludique, la vitesse et surtout l’esprit d’équipe. J’en ai fait jusqu’à mes 10 ans, puis j’ai arrêté quand ma mère a fermé le club, en me tournant vers le concours complet et le saut d’obstacles pendant une dizaine d’années. Mais le mounted games me manquait trop, et c’est vers mes 20 ans que j’ai décidé d’y revenir, avec encore plus d’envie et de détermination.
Selon toi, quel est le meilleur aspect des Mounted-Games ?
Pour moi, le meilleur aspect du Mounted Games, c’est clairement l’adrénaline et la vitesse. Tout va très vite, tout se joue en quelques secondes, et c’est ce qui rend ce sport aussi intense.Mais au-delà de ça, c’est une discipline à part dans le monde équestre. La relation avec le cheval est, selon moi, encore plus poussée, parce qu’on lui demande énormément en très peu de temps. Il y a aussi un vrai esprit d’équipe et beaucoup de fair-play, ce qui est essentiel dans notre sport. Et au haut niveau, ça demande une préparation très complète : il faut être aussi prêt physiquement que techniquement. C’est ce mélange entre exigence sportive et valeurs humaines qui rend les mounted-games uniques.
Quel est ton jeu préféré ?
Les jeux que j’apprécie énormément sont les jeux d’aterre à cheval comme les chaussettes. Ce sont des jeux très complets, où la connexion avec le cheval est essentielle, mais aussi où l’aspect physique prend toute son importance.J’aime particulièrement ce côté très sportif, où il faut être rapide, précis et en parfaite coordination avec son cheval. C’est aussi dans ces jeux-là que je me sens le plus performant, notamment grâce à ma préparation physique.Et au-delà de la performance, ce sont des moments où on ressent vraiment quelque chose de fort avec son cheval, une vraie connexion, et c’est ce qui me plaît le plus.
Dans quels pays es-tu déjà allé pour des compétitions ?
J’ai eu la chance de voyager dans plusieurs pays grâce au Mounted Games : l’Irlande, l’Italie, l’Australie, le Danemark, le Pays de Galles, la France, la Belgique, l’Espagne et l’Angleterre.Chaque déplacement est une expérience unique, autant sur le plan sportif qu’humain, avec des ambiances et des façons de vivre le sport différentes selon les pays.Mais celui qui m’a le plus marqué reste l’Australie, autant pour l’accueil que pour l’ambiance sur place, sans oublier le périple pour y aller. C’est une expérience qui reste gravée.Et certains de ces pays comme l’Italie, l’Angleterre, la Belgique ou encore l’Irlande ont aussi une saveur particulière pour moi, puisqu’ils sont liés à des titres de champion.
Quel est ton lieu/terrain de compétition préféré ?
Mon terrain de compétition préféré reste Le Logis du Poney. C’est un lieu particulier pour moi, notamment parce que c’est un peu le berceau de l’équipe Red Eagle. L’ambiance y est incroyable, toujours beaucoup de bonne humeur, et on y est toujours très bien reçus. En plus de ça, le terrain est de grande qualité et de grande taille, ce qui est idéal pour notre discipline. C’est un endroit qui compte, et qui va encore compter dans les années à venir puisqu’il accueillera les championnats du monde individuels en 2028.
Parle-nous de ton poney préféré de tous les temps
Mon poney préféré de tous les temps est sans hésiter Enzo du Roucadou. C’est bien plus qu’un cheval pour moi.
Notre histoire est très particulière, puisqu’il est né à la maison. J’ai moi-même choisi son père, et je l’ai vu grandir depuis le premier jour. Je l’ai formé de A à Z, et aujourd’hui encore, c’est une immense fierté de voir tout le chemin parcouru ensemble.
Enzo est un cheval exceptionnel : très vif, généreux, mais aussi extrêmement gentil et attachant. On a construit une vraie relation de confiance, et c’est ce qui fait toute la différence en compétition.
Avec lui, j’ai vécu les plus grands moments de ma carrière : champion de France, trois fois champion du monde, deux fois champion d’Europe, et de nombreux autres titres. C’est aussi grâce à lui que j’ai intégré l’équipe de France en 2021.
Aujourd’hui, il représente tout pour moi. C’est mon cheval de tête, mon champion, et ma plus grande fierté.
Comment te prépares-tu pour une sélection ? Quels conseils donnerais-tu à un jeune cavalier qui souhaite intégrer l’équipe nationale ?
Pour me préparer à une sélection en Mounted Games, je mets une priorité très claire sur la condition physique, aussi bien pour mon poney que pour moi-même. C’est un élément essentiel pour être performant et surtout régulier au plus haut niveau. De plus, cela limite grandement le risque de blessure. Le travail commence dès le début de saison, avec les premières compétitions au mois de mars, et se poursuit jusqu’aux échéances estivales en équipe nationale. Je m’entraîne physiquement au moins trois fois par semaine pour être prêt le jour J. Le travail technique, lui, est surtout réalisé pendant la période creuse. La saison de compétition permet ensuite de mettre en place et d’affiner ce travail dans des conditions réelles.
À ce niveau, la différence se fait souvent sur la condition physique et la régularité
Pour un jeune cavalier qui souhaite intégrer l’équipe nationale, je dirais que les qualités essentielles sont la régularité, la motivation et une vraie force mentale. Il ne faut pas chercher à être le meilleur sur tous les jeux ni vouloir faire des exploits à chaque passage, mais plutôt être constant et fiable. Le conseil le plus important que je pourrais donner, c’est de prendre soin de son poney et de construire une vraie relation avec lui. C’est la base. Ensuite, il faut s’entraîner régulièrement, autant physiquement que techniquement, et être bien encadré par un bon coach.
Ton équipe RED-EAGLE a dominé les compétitions Française toute l’année dernière ? Selon toi, qu’est-ce qui fait la force de votre équipe ?
Si l’équipe Red Eagle a dominé les compétitions françaises, c’est avant tout grâce à sa cohésion et à son esprit de famille. Chez nous, l’équipe passe avant l’individuel, chacun est prêt à se mettre au service du collectif, et c’est ce qui fait notre vraie force.
On a une ambiance très fraternelle et fun au quotidien, mais dès qu’on entre en compétition, l’exigence et l’esprit de compétition prennent le dessus. C’est cet équilibre entre plaisir et performance qui nous permet d’être constants au plus haut niveau.
Au final, ce qui nous rend forts, c’est autant notre niveau sportif que les valeurs qu’on partage.
Quels sont tes objectifs pour cette saison ?
Cette saison, mes objectifs sont à la fois collectifs et personnels. Avec l’équipe Red Eagle, les grands rendez-vous restent le championnat de France en équipe et la Champion’s League. Nous avons déjà remporté le championnat de France en paire Élite Excellence avec Paul au mois d’avril, ce qui lance très bien la saison.Cependant, l’arrivée de ma fille le 1er mai a forcément eu un impact sur le calendrier de compétition, en effet, je n’ai pas pu participer à la Champion’s League. Pour la suite, notamment le Grand Tournoi, nous verrons en temps voulu en fonction des possibilités.
En ce qui concerne l’équipe de France, mon objectif est clair : être sélectionné pour défendre nos titres acquis l’année dernière aux championnats d’Europe et du monde.
Enfin, avec Paul, nous participerons également aux championnats du monde en paire, avec l’ambition d’aller chercher le titre suprême
Je tiens à vous remercier sincèrement pour l’intérêt porté à mon parcours, et pour la mise en avant de notre discipline. J’espère continuer à faire vibrer les Mounted Games au plus haut niveau encore longtemps.




